Culture Box #4

Un livre, un musée, un film :

° Sorcières / Mona Chollet – 2018

Cet essai de Mona Chollet est selon moi à placer entre toutes les mains, jusque dans les écoles. Offrez ce livre passionnant à toutes et tous. Le ton est vif, sarcastique, et dénonce avec clarté et sans prétention les injonctions patriarcales à travers la figure de la sorcière, celle qu’on opprime parce qu’on en a peur.

Beaucoup de thèmes féministes y sont abordés, comme la liberté de ne pas désirer d’enfant en passant par les violences médicales ou le jeunisme. Ça dérange, ça révolte, mais ça propose aussi des inspirations, des aspirations, à travers un livre très documenté (j’ai depuis très envie de lire Gloria Steinem par exemple).

C’est un livre qui se lit facilement, et qui laisse des traces dans notre conscience alors un peu plus éveillée face à la misogynie contemporaine. On le referme avec espoir.

° Museum d’histoire naturelle / Jardin des plantes – permanente

A l’occasion de mes 35 ans, il y a quelques jours, j’ai rendu une petite visite à mon musée favori de Paris, Le Museum d’Histoire Naturelle. Je ne sais pas si c’est mon amour des dinosaures, de la botanique ou mes souvenirs d’enfance, mais j’aime toujours autant m’y promener. Ma galerie favorite reste celle de paléontologie (cf amour des dinosaures) : vieux os et parquet qui craque pour une nostalgie garantie. Quel plaisir aussi d’évoluer dans le jardin des plantes tout fleuri à cette période de l’année.

Si vous avez des petits, je vous recommande vivement la Grande Galerie de l’Évolution qui devrait les émerveiller en plus de les sensibiliser aux questions environnementales et leurs conséquences sur les espèces. Il y a même des ateliers, sur inscription il me semble.

Je n’ai pas eu le temps cette fois de visiter la Grande Serre, mais je réserve ça pour une prochaine fois (avec certainement la Ménagerie).

Seul bémol, il faut payer l’accès à chaque espace, et la note monte vite si on veut tout voir.

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Grande Galerie de l’Evolution : 10 euros (tarif plein) ; Galerie de Paleontologie : 9 euros (tarif plein). 2 rue Buffon ou 36 rue Geoffroy Saint-Hilaire 75005 Métros : Gare d’Austerlitz, Jussieu, Censier-Daubenton ou Place Monge

° Le daim / Quentin Dupieux – 2019

Le Daim. Un film de malade. Je n’ai pas (trop) honte de le dire, c’était mon premier Quentin Dupieux. J’y suis allée sans trop savoir, mais j’avais été séduite par une bande-annonce très intrigante. Et j’ai beaucoup aimé. Je voue une certaine adoration aux productions absurdes (et à Jean Dujardin, mais bon, passons), et ce film l’est totalement, absurde. Il l’est tellement que je conçois qu’il ne plaise pas à tout le monde.

Moi, j’ai plongé. Cette ambiance ! C’est très inquiétant, drôle parfois, navrant souvent. D’un point de vue artistique, je l’ai trouvé visuellement très séduisant, coloré d’un charme désuet et agrémenté d’une bande-son de qualité.

Ce presque huit-clos convoque un mélange des genres qui me plaît et il me semble qu’on peut saluer le jusqu’au-boutisme de Quentin Dupieux.

Culture box #3

Pour cette troisième édition, une mini-série, un documentaire et un long métrage. Écran total !

° Chernobyl / Craig Mazin – 2019

La production de séries de ces dernières années nous offre décidément de vrais bijoux qui n’ont rien à envier au grand cinéma. Chernobyl en fait partie. Étant née en 1984, j’étais bien curieuse à propos de ce docu-fiction sur la tristement fameuse catastrophe nucléaire qui était jusqu’ici pour moi auréolée d’un mystère un peu trouble.

On est face à des personnages poignants, très travaillés, des décors méticuleusement réalistes et une ambiance aussi sublime que toxique, largement appuyée par la musique qui parait elle-même « radioactive  » ainsi que la photographie vert-de gris. La performance de Jared Harris est splendide.

Cette mini-série HBO retrace avec virtuosité l’histoire du drame et Craig Mazin réussit l’exploit de nous tenir en haleine, dans une sorte de plaisir coupable, et ce jusqu’à l’ultime épisode, en dépit d’une fin inéluctable et connue de tous. On est marqué par une grande sobriété, une grande justesse, qui permettent de comprendre cet épisode tragique sans jamais tomber dans la caricature, même quand les images sont difficiles à supporter – à ne pas mettre devant tous les yeux, donc.

Seule l’utilisation de l’anglais, à défaut du russe, nous prive selon moi d’une immersion réaliste parfaite.

° Our Planet – 2019

Our Planet est une série documentaire proposée sur Netflix en association avec WWF, et franchement, c’est une belle surprise : elle est décomposé en 8 épisodes qui traitent chacun d’un type de milieu (forêts tropicales, prairies, désert,etc…) souffrant de problématiques environnementales différentes.

Les images sont époustouflantes grâce aux moyens exceptionnels engagés (6OO professionnels mobilisés, temps de tournage sur 4 ans…) et l’aspect contemplatif du documentaire sert un discours engagé, visant à sensibiliser le spectateur à l’impact de l’humain sur la planète. J’ai aimé cet aspect pédagogique qui ne tombe jamais dans la moralisation, mais qui nous pousse à nous questionner, voire à nous responsabiliser un peu plus. Le ton est sérieux comme le sujet mais pas dénué d’humour et on aime la voix off de David Attenborough (so british) dans la version originale.

On ne peut rester insensible devant tant de beauté mise à mal par nos modes de vies, et ce documentaire a au moins le mérite de pouvoir ouvrir les yeux au plus grand nombre,à tout âge, si jamais ce n’était pas déjà fait, et franchement, ça fait du bien de voir ça sur Netflix !

° The Dead Don’t Die / Jim Jarmush – 2019

Voici un film qui a été un peu malmené par la critique. Personnellement, je n’en attendais pas grand chose, et j’y étais surtout allée pour le casting « mortel ». Mais finalement, j’y ai passé un vrai bon moment, et c’est déjà pas mal.

Forcément, Bill Murray fait bien son job et Tilda Swinton est dans son élément. Je pense que si on prend ce film au troisième degré, on peut l’apprécier. La recette qui mêle l’absurde à l’humour noir fonctionne bien pour moi. J’ai apprécié ce côté « série Z » et ce fatalisme désabusé, ce mélange geek-drôle-gore qui va parfois un peu trop loin.

En bref, n’en attendez pas un chef d’œuvre mais un bon divertissement.